Vivre simplement pour que simplement d’autres puissent vivre. Gandhi
Mûrir dedans et grandeur d’être
De la nécessité d’un chemin de vie intérieure. J’ose vous dire que nous sommes tous des êtres d’amour mais que pour la plupart, nous ne le savons pas ou alors sommes nous si maladroit dans ce domaine que cela ne produit pas l’effet qui transformerait à jamais notre vie.
À 9 ans, le regard d’amour éperdu que je portais sur ma petite copine du même âge était l’expression vivante, pure et inaliénable de ma croyance en un amour intemporel, comme étant le début et la fin de toute chose, la raison inexplicable de l’existence du monde et de Dieu dans tout ce qui avait le pouvoir biologique de rendre la vie belle par tout ce qu’il touchait.
Mon cœur enflammé ne battait que pour ce bel amour juvénile, les pores de ma peau en permanence en captaient l’essence même. Je me souviens encore des efforts heureux que je produisais à la sortie de l’école pour la devancer de quelques minutes sur le chemin du retour, l’attendant à califourchon sur mon vélo au coin du carrefour nous séparant jusqu’au lendemain.
Fébrile, je guettais le passage du bus qui la ramenait chez elle. Et bravant les regards des autres occupants médusés pour ne chercher que celui de ma bien-aimée je lui envoyais à ce moment là, quand le bus passait devant moi, un signe de la main ou un baiser qui touchait son visage ravi. Et me revenait alors en écho un geste tendre, un sourire, ou un baiser furtif qui me remplissait d’un bonheur insoupçonnable et inoubliable.
Aussi un jour n’y tenant plus de tant de bonheur je me suis confié naturellement et spontanément à ma mère alors qu’elle faisait la vaisselle. Je lui partageais le fruit de ma découverte et tant bien que mal le sentiment d’amour qui m’habitait non sans une certaine appréhension car c’était un peu la mettre en concurrence, elle, qui jusque là était ma préférée. Du sommet de mes 9 ans je lui livrais en toute innocence que cet amour qui m’animait était pour moi j’en étais sûr, le premier et le dernier...
Quelle ne fut pas mon effroyable déception de l’entendre aussitôt me dire avec assurance à travers un sourire tendre et amusé dans les yeux, qu’il ne durerait pas, que j’étais bien trop petit pour comprendre ces choses là et que j’aurai le temps de changer d’avis, la vie me réservant bien d’autres surprises...
Et pour moi, cela sous-entendait des mauvaises surprises bien sûr. Le ton de son affirmation ne me laissait aucune autre interprétation possible. J’étais dominé, terrassé, effondré par celle là même que je vénérais mais je ne pouvais rien lui montrer tellement la douleur que je venais de ressentir en plein cœur m’était insupportable...
Je suis né et j’ai grandi dans le sud ouest de la France, en Charente dans une famille très ordinaire. Je n’ai jamais été doué pour les études et à 15 ans après mon certificat d’étude en poche, j’ai commencé ma vie active comme apprenti dans une grande imprimerie charentaise. je suis devenu au fil des années, ouvrier spécialisé en photomécanique, artisan photographe, photographe artiste libre, ouvrier agricole saisonnier, bricoleur en tout genre... C’est en 1978 que je suis arrivé dans la Drôme où je vis maintenant.
Après un BPA agricole, je me suis installé agriculteur en 1989. "Je ne suis pas d’une famille d’agriculteur, mais je me suis toujours senti proche de la terre"
Avant mon étape d’installation sur ce lieu magnifique qu’est la Ferme des Aubes, j’ai voyagé autour du monde en quête d’aventures et de nouvelles cultures : La Malaisie, l’Australie, l’Indonésie, la Nouvelle Calédonie, Tahiti, le Maroc, le Mexique, le Guatemala, les Etats Unis, l’Espagne et la Corse.